28- Haïti dans la tempête politique

Parfois, il y a des ouragans.  Ils sont puissants, localisés, et ne durent pas.  Mais présentement, c’est la tempête politique:  ça touche tout le monde et ça ne semble pas vouloir finir.

Le gouvernement ne fonctionne pas parce que les élus n’arrivent pas à s’entendre sur rien.  Et tout le monde accuse les autres membres du gouvernement d’être responsables de la situation.

Toutes les excuses sont bonnes pour perturber le fonctionnement: erreur du premier ministre, allégation de corruption (vraie, fausse ou fantaisiste), bandits qui font la loi, prix du pétrole qui augmente.

Je ne comprends pas la politique haïtienne, mais présentement, on a nettement l’impression que tout le monde (les élus) fait tout pour déstabiliser le gouvernement dans le but de prendre la place du président,  et est prêt aux pires actions (le saccage du parlement, par exemple) ou aux pires affirmations pour ça.

Et comme les fausses nouvelles voyagent vite sur l’internet, on en profite pour en publier à profusion.

Pendant ce temps, la population attend, et souffre de plus en plus.

Parce que les engagements du gouvernement ne peuvent pas être réalisés.

Parce que les budgets ne sont pas votés et les employés ne sont pas payés.

Parce que l’aide dont les agriculteurs ont besoin pour améliorer la souveraineté alimentaire  n’arrive pas.

Y a-t-il quelqu’un dans ce gouvernement quelqu’un qui va comprendre qu’ils ont été élus pour servir, pas pour se servir ?

Y a-t-il quelqu’un qui va réaliser que l’inaction actuelle mène au désastre, que le pays régresse chaque jour au lieu de progresser ?

La gourde haïtienne valait 1/60 de dollar américain il y a un an.  En raison de l’instabilité,  elle vaut maintenant 1/90.  Une catastrophe dans un pays qui dépend des importations de nourriture à plus de 50%.

La solution réside dans la discussion entre les élus.  et dans  un an, le peuple se prononcera.  Enfin, peut-être. Si le gouvernement arrive à organiser les élections.  On verra…

 

 

27- Francky nous parle d’agriculture

Cette fois-ci, j’ai pensé laisser parler les acteurs locaux nous parler du projet agricole.  Francky nous explique ce qu’est le projet de Centre agricole de Mayotte, un centre de démonstration et de formation localisé au centre d’une grande zone de cultures.

Voici le vidéo que nous avons tourné sur place avec l’aide d’un cinéaste local.

 

 

26- Des puits dans les mornes

Jusqu’ici, nous nous sommes concentrés sur les puits en ville ou près de la ville.  Nous passons maintenant à une autre étape.  La zone de Fauché comporte plusieurs puits, dont certains sont situés en montagne.  Ces puits sont plus difficiles d’accès, généralement plus profonds, et donc demandent plus de travail.

Mais l’eau est encore plus nécessaire dans ces zones.  ll n’y a pas, comme en ville, d’autre alternative, sauf la rivière, ou le prochain puits situé à quelques kilomètres parfois.

Nous avons identifié jusqu’à maintenant 18 puits dans la zone.  Le CASEC (maire de section communale) responsable de la zone mentionne qu’il y  en a 25 dans le secteur.  Il y a encore un peu de travail à accomplir.

Lors de notre visite, nous en avons profité pour tourner un video.  Réalisé par un producteur local, il illustre nos réalisations à ce jour et l’ampleur de la tâche.

 

 

25- Un terrain agricole à Mayotte

Je me suis toujours intéressé à l’agriculture en Haïti:  c’est un des 2 piliers du développement d’Haïti.  C’est moi qui dis ça, mais je ne dois pas être le seul.  Et 80 % au moins de la population de Grand Goâve fait partie du domaine agricole.

Nous avons acheté un terrain à la plaine de Mayotte.  Pas très grand, 10 centièmes de carreau (30 m X 30 m),  mais suffisant pour faire des expériences et des démonstrations.

Le terrain sera géré par l’Association Pierre Angulaire, sous la gouverne de Francky.  Il a déjà regroupé quelques agronomes et techniciens pour participer au projet.  Si on ajoute à ça quelques planteurs plus allumés que la moyenne, nous aurons l’équipe de choc nécessaire.

Francky a déjà présenté un projet pour le développement du terrain.  L’objectif?  Toute activité nécessaire pour le développement de la zone:  production de plantules, développement de méthodes alternatives, formation des planteurs et des agronomes, formation dans les écoles.  Nous allons définir ça plus en détail dans les prochaines semaines.  Mais l’intention est de faire tout ça dans une perspective de développement durable.

Quels sont les problèmes auxquels font face les planteurs (agriculteurs):

–  Faible productivité en général

– Manque d’eau

– Érosion importante des sols

– Méthodes ancestrales perdues

– Ressources financières faibles

– Météo capricieuse (ouragans).  Notamment, il sont été dûrement touchés par Matthew en 2016.

Mais il s ont aussi des atouts importants:

– De la main d’oeuvre en quantité à faible coût.

– Le soleil est au rendez-vous.

– Leurs méthodes s’apparentent déjà d’assez près à l’agriculture biologique.

– Les associations de planteurs existent.

Il faudra capitaliser sur ces forces.  On commence maintenant.

 

 

 

 

24- Plus de puits qui fonctionnent

Nous avons passé un mois à Goâve Goâve.  Avec l’aide de Kally, le chargé de  projet, et les techniciens locaux, nous avons réussi  à réparer plusieurs puits.  Nous avons aussi, et surtout,  animé les comités de gestions de puits.  Parce que l’important, ce n’est pas de réparer les puits, mais de faire en sorte qu’ils fonctionnent toujours et soient réparés rapidement.  Et ceci ne sera possible que si les comités prennent en main les puits.

28 puits ont été réparés; 24 comités ont été rencontrés.  Mais il faut continuer.  Il y as encore des puits à réparer, mais surtout beaucoup de conscientisation à faire.

 

Campagne de financement 2017

 

– Site de Action Haïti Montérégie: https://action-haiti.jimdo.com/
Pour faire un don en ligne: 
– Blogue de Alain Higgins, pour plus d’info sur Leaders Actis en Haïti:  https://alainagrandgoave.wordpress.com/
– Un article dans le courrier du Sud:
– Pour partager cette campagne dans vos réseaux sociaux, utilisez le lien suivant: https://magic.piktochart.com/output/23278010-leaders-actifs-haiti-campagne-2017

23- Des puits partout

L’ouragan Matthew a mis en lumière un problème criant:  il n’y a pas beaucoup d’eau disponible à Grand Goâve, sauf dans la rivière, mais elle est brune, pleine de sable, de roches et des débris recueillis dans la montagne.

Pourtant, il y en a des puits (pompes à main) en ville.  Mais une majorité ne fonctionne pas. Pourquoi ?  Les puits n’appartiennent à personne.  Ils ont été construits pas des organisations, l’UNICEF vers 1990, ou CESVI et autres organisations,  après le séisme.  Les puits sont sous la responsabilité de comités de gestion de puits.  Ces comités fonctionnent plus ou moins selon les zones.  Des techniciens ont été formés et sont disponibles pour la réparation, mais, évidemment ce n’est pas gratuit.  L’argent n’est pas toujours disponible, surtout après quelques années lorsque le puits se mets à briser plus souvent et à demander plus d’entretien. C’est normal d’avoir à intervenir sur une pompe 2 fois par année, mais quand il se met à briser à chaque mois, ça devient un problème.

Kally, un jeune ingénieur tout juste sorti de l’école, nous a proposé de réparer quelques pompes.  Il nous fait un devis (budget), il a trouvé un technicien compétent.  Ça va, on embarque.  Nous allons réparer les pompes, mais notre travail ne se limitera pas à ça.  Nous avons l’intention de réhabiliter l’accès à l’eau, ce qui veut dire:

–  Faire l’inventaire des puits de la région

–  Animer les comités et permettre le financement permanent du puits

–  Impliquer la mairie pour le suivi à long terme

–  Faire la promotion de l’eau potable.

Tout ça dans le but d’en faire un projet durable.

Nous avons identifié environ 50 puits dans la région immédiate de la ville et la banlieue rapprochée.  Les puits ont été cartographiés.  Mais nous avons aussi retrouvé un plan qui identifie d’autres puits dans les mornes, et également des sources.

Jusqu’à maintenant, 18 puits ont été réparés.  D’autres suivront à court terme.  Mais il faut continuer.  Objectif final: 50, avec des comités de gestion des puits qui marchent.

La mairie a été rencontrée et a manifesté son intérêt pour le projet.  Du matériel a été préparé pour l’animation et la sensibilisation.

C’est parti.  Mais vous avez aussi compris qu’il faut du financement.  Ce sera le projet principal de cette année.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22- Après la tempête

14657741_1090077864375397_1764903586_n

Une fois de plus, avec l’ouragan Matthews, Grand Goâve a subi une dure épreuve.  L’aide d’urgence a été nécessaire.  Mais il faut maintenant rebâtir.  Des toits et des maisons ont été détruits. L’agriculture aussi  est en ruine, faisant planer la menace des jours difficiles. Les habitants de Grand Goâve ont jusqu’à maintenant pris les choses en main.  Et si on les appuyait pour qu’ils se reconstruisent eux-mêmes ?

Mon prochain voyage à la fin de novembre de cette année permettra de voir la situation et d’établir les priorités.  Et aussi leur dire que nous les appuierons dans leur travail de reconstruction.  J’ai trouvé ce texte qui résume bien la philosophie de Leaders Actifs :

 »Le temps est maintenant venu de favoriser les initiatives et la main-d’œuvre locales plutôt que celles venues d’ailleurs, les produits locaux plutôt qu’importés, de répondre véritablement aux besoins de la population et de compter sur sa capacité à reprendre les rênes de son développement. »  (WILL PROSPER  Documentaliste et militant des droits civiques, sur La Presse +)

14627905_1090079397708577_2119921559_n14686662_1090080874375096_113022784_n

Nous espérons notamment pouvoir aussi leur apporter un appui financier,  pour :

  • L’achat de matériel de reconstruction,
  • La réparation de puits
  • L’achat de semences pour redémarrer l’agriculture.  Et nous comptons sur votre appui.  Pour faire un don et appuyer ces projets:

https://www.canadahelps.org/fr/organismesdebienfaisance/action-haiti-monteregie/

 

L

 

 

20- Matthew laisse sa trace

Ça va mal à Grand Goâve.

6 ans après avoir subi le séisme de 2010, Grand Goâve et les villes environnantes encaissent violemment les effets de l’ouragan Matthew.  À une intensité moindre que les villes de l’ouest de l’île, Jérémie et Les Cayes, qui sont pratiquement détruites. Mais moindre ne veut pas dire négligeable.

Kally vient de m’appeler:  le toit de sa maison, et celui de beaucoup de maison de Grand Goâve sont partis au vent; les quartiers de Petit Paradis, Faucher, Chamette et Thozin sont dans l’eau sale.  Mais il faut trouver de l’eau propre pour boire, ce qui est difficile à trouver.

Un autre m’a laissé un simple message:  plus de toit, plus de jardin, plus de bétail…

Les nouvelles provenant des mornes (montagnes) ne sont pas plus encourageantes:  maisons détruites, glissements de terrains, quelques décès.

Plusieurs personnes ont tout perdu.  Les effets globaux sur les habitants sont encore pires que lors du séisme:  les récoltes sont détruites, le bétail a disparu, en plus des pertes matérielles domestiques causées par la pluie (ça va mal quand il pleut des cordes et que tu n’as pas de toit…)

Les effets secondaires sont à craindre également:  choléra, malaria et autres maladies en hausse, ce que craignent les autorités sanitaires.

Y aura-t-il une fin à tout ça ?  Malheureusement, les pronostics sont inquiétants.

14610587_1087503574632826_193336708_n

Haïti est située dans une zone où les ouragans sont fréquents.  L’augmentation de la température des océans, conséquence directe du réchauffement planétaire, fait que ceux-ci risquent d’être de plus en plus fréquents.

Haïti, avec son sol déboisé, est mal équipé pour amortir les vents et les coups d’eau qui accompagnent ces déchaînements de la nature.

Quoi faire ?  Reconstruire,  prier pour que ça n’arrive plus, et reprendre la vie là où on est.  Un peu plus pauvre, un peu plus résigné.

14628089_1087505407965976_895765532_n

Ou bien partir.  Ce que ne peuvent se permettre la majorité des haïtiens.

Mais déjà l’aide s’organise.  Un groupe de citoyens dont fait partie Kally, qui ont à coeur leur communauté, ont fait des démarches pour voir au plus pressant et aider les personnes les plus démunies.  Mais est-ce que ce sera suffisant ?  Ils auront besoin de support, c’est certain, en attendant les renforts venus d’ailleurs.

Je pense que je commence à aimer la neige…